Avortement, violences psychologiques et négligences

Avis et attention aux personnes victimes de violences, il s’agit d’un témoignage violent à propos de négligences médicales, violences gynécologiques et psychologiques, et qui peut donc (re)déclencher un traumatisme.

Vous aussi, témoignez et envoyez-nous votre histoire !

 

 

Avortement, violences gynécologiques et négligences

 

En 2017 je tombe enceinte sous pilule et préservatif. Mon copain de l’époque ne voulait pas d’enfant et « ne voulait pas s’occuper de tout ça ». J’ai donc décidé d’avorter et fait toutes les démarches sans lui. 1er RDV chez ma gynéco qui confirme la grossesse, elle m’explique tout elle est très bienveillante. Elle me dit que c’est trop avancé pour un IVG médicamenteux à la maison, donc prochaines démarches avec l’hôpital.

 

Avortement : quand le corps médical juge les patientes

 

Deuxième RDV avec une psychologue, pareil, tout se passe bien. Puis là, le cauchemar commence, rendez-vous avec la gynécologue de l’hôpital, elle me sermonne comme pas possible, ne parlera jamais de mon ex (aucune question à ce sujet, pourquoi est-il absent par exemple). Elle me dit que je suis une irresponsable, que si je veux un IVG chirurgical je dois attendre encore deux mois (délais passé, mais comme j’ai fait toutes les démarches avant, c’est bon). Sinon c’est une attente d’un mois pour IVG par médicament. Ma gynécologue m’avais déconseillé mais j’accepte car sinon, c’est trop long. On prends rendez-vous et on en reste là. Je pars à la fois honteuse, pleine de culpabilité mais aussi en colère. Pendant ce mois-ci j’avais tous les symptômes de la grossesse et un mec absent, heureusement ma famille était là.

 

Avortement : négligences du corps médical

 

Un jour je me mets à saigner, beaucoup. J’appelle les urgences maternité de l’hôpital, dès que j’ai dit le mot IVG, la dame au téléphone me dit « vous êtes en train de faire une fausse couche, vous pouvez rester chez vous vu que vous ne voulez pas du bébé». Je reste chez moi mais ça ne s’arrête pas, ma belle-sœur m’appelle et comprend que ça ne va pas, elle vient me chercher et m’emmène à l’hôpital. Un jeune gynécologue me prend en charge. Il pense aussi que c’est une fausse couche mais j’ai quelque chose de « coincé » à l’entrée du vagin. Je suis en larmes, je tremble mais il est vraiment adorable. Au final il appelle un confrère plus expérimenté, ce n’est pas une fausse couche mais un polype accouché par le col et j’ai déjà perdu beaucoup de sang. Il me l’enlève mais est très sec avec moi, me sermonne avec des « c’est bon, arrêtez de pleurer ».

 

Avortement : la responsabilisation de la femme

 

Finalement quelques semaines plus tard je vais avorter. Tout se passe bien, les personnes sont gentilles et sans jugement. je décide d’écrire à l’hôpital, la gynécologue de l’hôpital et la directrice de la maternité se sont excusées. Mais ce que je retiens c’est que dans cette histoire, personne n’a jamais mentionné « le mec ». On m’a fait culpabiliser MOI.

 

Une IVG peut déjà être très traumatisante, Et quand on vous sermonne c’est d’autant plus dur psychologiquement.

 

Vous aussi, témoignez et envoyez-nous votre histoire !

 

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